Archives ouvertes

L’expression «archive ouverte» désigne un réservoir où sont déposées des données issues de la recherche scientifique et de l’enseignement et dont l’accès se veut sans barrière.
C’est dans les années 1990 qu’apparaissent les premières archives ouvertes, notamment celle de Paul Ginsparg dans le domaine de la physique, qui deviendra ArXiv.
A partir de 1999, à l’issue de la convention de Santa Fe, les archives ouvertes utilisent le protocole OAI-PMH permettant une interopérabilité entre elles et une circulation des informations jusqu’aux moteurs de recherche.
Elles sont alimentées directement par les auteurs ou par une tierce personne selon le principe de l’auto-archivage.

En France, l’archive ouverte la plus connue, HAL (Hyper Article en Ligne), fait l’objet d’une convention regroupant le CNRS, les universités et les établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST). Il y a donc un consensus national du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur pour faire de HAL l’archive ouverte de référence en France. Elle regroupe actuellement plus de 430 000 documents avec texte intégral.

Dans une tentative de reprise de contrôle de ce mouvement, certains éditeurs commerciaux ont imposé un embargo lors du dépôt d’une publication dans une archive ouverte. Concrètement, cela signifiait que, dans ce cas, l’accès au texte intégral ne pouvait se faire qu’après une durée comprise entre 6 et 48 mois. Cela permettait à l’éditeur de conserver la primeur de la diffusion du contenu scientifique de l’article.

Cependant, depuis le 9 octobre 2016, l’article 30 de la loi République numérique donne le droit aux auteurs de déposer leurs articles après un embargo de maximum 6 mois pour les STM et de 12 mois pour les SHS (Pour en savoir plus sur l’article 30). Cette loi rend donc partiellement caduques les dispositions prises par les éditeurs commerciaux.

Afin de connaître la politique des éditeurs en matière de dépôt dans les archives ouvertes, plusieurs sites existent, dont Sherpa/Romeo (éditeurs internationaux, allemands, britanniques, canadiens, espagnols, hongrois, néerlandais, norvégiens, portugais), Héloïse (éditeurs français), Dulcinea (éditeurs espagnols), OAKList Database (éditeurs australiens) ou encore Diadorim (éditeurs brésiliens). Vous y trouverez, en fonction des revues, les conditions suivant lesquelles le dépôt d’un texte intégral peut se faire.

Il faut cependant noter qu’indépendamment du contrat signé avec un éditeur, un auteur peut toujours déposer un pre-print (document non relu) dans une archive ouverte. Par ailleurs, dans le cas des articles sous embargo, certaines archives ouvertes proposent une fonctionnalité nommée « request a copy button », qui permet au lecteur de demander en un clic l’envoi du pdf et à l’auteur d’accepter ou non cette requête, en un clic également.

A l’heure actuelle, le principal reproche fait aux archives ouvertes tient au processus de relecture, qui n’est pas systématique en fonction du type de document déposé. Dans la mesure où ces archives fonctionnent suivant le principe de l’auto-archivage et puisque différents types de documents sont acceptés (articles de revues, conférences avec actes, thèses, mais aussi rapport de recherche, communications sans actes, pre-print et autres documents de travail), chaque auteur est responsable du contenu scientifique de ses dépôts. La qualité scientifique de certains documents peut donc être mise en question.

Pour pallier ce problème, des réflexions sont menées sur l’opportunité d’instaurer des comités éditoriaux pour les archives ouvertes, ce qui donnerait une crédibilité accrue aux documents qui y seraient déposés.