L’Open Access en bref

Le libre accès aux publications scientifiques (ou Open Access) est un mouvement d’ampleur mondiale, né au début des années 1990 à la faveur d’une double conjoncture : d’une part l’essor de l’informatique et d’internet, qui a permis un nouveau mode de diffusion de la production scientifique et d’autre part les augmentations constantes du coût des abonnements aux revues, qui ont favorisé l’émergence d’un nouveau modèle d’édition scientifique.

Jusqu’alors, le monde de l’édition scientifique était relativement verrouillé. Par un processus de rachat, fusion et acquisition de maisons concurrentes, un groupe d’éditeurs s’est trouvé en position dominante sur le marché de la publication scientifique. En marge de ces quelques éditeurs internationaux concentrant des centaines voire des milliers de titres (Reed-Elsevier – 2200 journaux environ, Springer – 2000 journaux, Wiley-Blackwell – 1500 journaux, Taylor & Francis) se trouvent une multitude de petits éditeurs ne disposant que de quelques revues. Certains observateurs ont qualifié cette configuration d’ « oligopole à franges ».

Ces quelques mastodontes de l’édition scientifique ont bénéficié d’une particularité de ce marché : ses produits ne sont pas interchangeables. Un article publié dans une revue peut difficilement être remplacé par un autre. De ce fait, les lecteurs sont captifs des titres phares dans leur discipline et les éditeurs peuvent augmenter les prix sans craindre de perdre des abonnements, ce qu’ils ont fait de manière globalement constante depuis des années.

Face à cette situation économique contraignante et en raison de budgets relativement stagnants, les bibliothèques universitaires ont dû réduire considérablement leur offre documentaire au cours des dernières années, en privilégiant souvent la part dédiée à la recherche au détriment de l’enseignement.

De manière paradoxale donc, alors qu’à l’échelle mondiale la production d’articles scientifiques est en constante augmentation depuis des années, l’offre documentaire s’appauvrit et les chercheurs ont de plus en plus de difficulté à accéder aux résultats du travail qu’ils ont eux-mêmes effectué, en tant que communauté scientifique internationale.

Dans ce modèle économique, l’État finance en amont (via les chercheurs qu’il emploie) une recherche publique dont il doit racheter les résultats en aval (via les BU qu’il subventionne) ! Si l’on considère qu’en plus les tâches d’édition scientifique et de relecture sont effectuées par d’autres chercheurs (le plus souvent gratuitement), on comprend l’intérêt des éditeurs commerciaux à perpétuer un tel modèle.

Il existe cependant une alternative. En effet, l’objectif du mouvement Open Access est de rendre les publications scientifiques issues de recherches financées sur fonds publics libres et gratuites pour le lecteur.
Pour ce faire, il existe deux voies principales, dites verte (archives ouvertes) et dorée (revues en libre accès).