Le feuilleton du grand défi : les difficultés… (3/4)

L’organisation et la mise en œuvre du Grand défi de l’open access n’ont pas été une mince affaire.

Rapidement victime de son succès inattendu, il a fallu très vite s’organiser.

• Premier problème : la masse de bibliographies à traiter sur une durée réduite. Là, c’est l’outil dissem.in qui a volé au secours des équipes du Grand défi. Développé par une équipe de jeunes chercheurs, dissem.in permet de repérer en un clic les productions d’un chercheur pouvant être mise en ligne par le biais d’une archive ouverte. Parfois, son intérêt n’a été que partiel : en effet, Horizon, la base de publications de l’IRD y est considérée comme une archive ouverte et tous les documents référencés dans Horizon sont signalés comme étant en accès libre dans dissem.in. Or, c’est malheureusement loin d’être le cas…

• Deuxième écueil : l’opacité des conditions éditeurs. L’utilisation du site Sherpa Romeo pour vérifier les possibilités de mise en ligne des articles réserve bien des surprises. Au delà des embargos à rallonge informant des restrictions de diffusion d’un article en mathématique pour des durées allant jusqu’à 48 mois, qui s’attendrait à ce que certaines revues « gold open access » interdisent le dépôt des versions éditeur sur un autre site que le leur ?

• Troisième obstacle, après avoir franchi les deux autres : l’épineux labyrinthe des versions autorisées pour le dépôt en libre-accès. Les rendez-vous ont été l’occasion de décoder à l’attention des auteurs les subtiles différences entre pre-print, post-print et versions éditeurs, dont les dénominations peuvent varier d’une maison d’édition à l’autre : un « accepted manuscript » dans une revue publiée par Elsevier correspond bien à la définition de « post print ». Une fois le décor planté, l’identification des fichiers réellement autorisés pour le dépôt a pu commencer… et là, d’autres difficultés ont surgi !

Pour les participants au grand défi, chercheurs comme documentaliste, il y a eu une réelle prise de conscience du travail nécessaire pour devenir des acteurs du Libre Accès. Le revers de la médaille, c’est le découragement qui a pu en gagner certains : une fois tous les obstacles franchis, il restait la phase de dépôt dans Hal, dont les difficultés d’utilisabilité sont apparues de manière criante.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la fin de notre feuilleton sur le grand défi.

Le feuilleton du grand défi : les opportunités (2/4)

L’opération « Grand défi » a donc été un véritable succès à tous points de vue :

  • précédant l’open access week 2015, le grand défi a donné une grande visibilité à l’ensemble des événements qui étaient organisés à cette occasion. L’information a été relayée au niveau des établissements, auprès des chercheurs et de l’ensemble de la communauté universitaire par affiches, mailings, réseaux sociaux et informations officielles.
  • l’opération en elle-même a suscité de nombreux échanges avec les chercheurs qui y ont participé : en plus des rendez-vous spécifiquement consacrés aux dépôts sur Hal dans les bibliothèques universitaires et les organismes de recherche participant, l’IRD a pu improviser une dizaine d’entretiens approfondis à la demande d’auteurs motivés par le libre-accès.
  • le succès est allé bien au delà du nombre (inespéré) de dépôts : le grand défi a permis de mettre en place des collaborations pérennes avec des laboratoires souhaitant particulièrement s’impliquer dans une démarche d’open access. La participation de la communauté des chimistes au grand défi, avec l’IBMM et l’ICG, est à souligner, et ces équipes sont restées très actives pour œuvrer à une meilleure diffusion de leurs travaux de recherche.
  • enfin, l’esprit du grand défi a perduré : des services de rendez-vous personnalisés, notamment pour le dépôt de publications ont été mis en place de manière pérenne à la BIU Montpellier, l’IRD et Supagro ont poursuivi le travail d’analyse des publications de manière systématique. On vous en dira plus par la suite…

Bref, le grand défi a été un véritable élément fédérateur des équipes impliquées dans l’open access week à Montpellier, équipes qui ont pu affronter ensemble les défis qu’a posés le Grand défi au cours de sa réalisation ! Suite au prochain épisode…

Le grand défi de l’Open access : un vrai feuilleton (1/4)

A l’occasion de l’Open access week 2015 en octobre dernier, un grand défi a été lancé à l’ensemble de la communauté universitaire et de recherche de Montpellier.
Le principe pour les chercheurs : être volontaire pour faire analyser le taux « d’openaccessibilité » de ses publications en envoyant une liste à l’équipe de documentalistes du Grand défi (universités de Montpellier, IRD, Supagro), et mettre en ligne sur Hal les fichiers qui pouvaient être déposés en toute conformité avec la politique des éditeurs.

Pendant la durée de l’opération qui s’est étalée sur deux semaines, plus de 50 participations ont été enregistrées : le succès a largement été au rendez-vous. La BIU de Montpellier a pris en charge la « libération » de plus de 300 références soumises par 26 enseignants-chercheurs. A l’IRD, 14 rendez-vous avec des auteurs ont été honorés, et ont donné lieu au dépôt dans Hal de 25 publications. L’opération a d’ailleurs dû être prolongée tout le mois de novembre, comme à Supagro : les dépôts dans Hal ont continué, des PDF ont été également libérés à l’occasion dans les catalogues de publications de l’INRA (288 documents ont pu être ainsi libérés dans ProdInra) et de l’IRD (704 PDF libérés dans Horizon).

Dans le prochaine épisode : les opportunités créées par le grand défi.