Les secrets du grand défi de l’open access (4/4)

Le Grand Défi, et après ? 
L’opération ne sera pas sans lendemains.

Des initiatives des documentalistes des différentes institutions permettent de pérenniser la démarche et d’en améliorer les méthodes, dont les secrets vous sont révélés ici :

  • Pour diffuser publiquement plus de publications et plus rapidement, des alertes permettant de récupérer les post-prints directement sur les sites éditeurs ont été mises en place. C’est en tout cas possible sur Science Direct, grâce à une alerte  “PDF file of an unedited manuscript”);
  • En manque de postprints ? Pas de panique, un repérage systématique des revues qui permettent le dépôt du pdf éditeurs a été réalisé (par exemple les revues de l’éditeur EDP Sciences)
  • Pour préparer au mieux le grand défi de demain, un travail rétroactif sur les réservoirs d’archives permet de vérifier la présence ou non d’un document attaché à la notice d’un article diffusé dans une revue en Open access.
  • Enfin, pour garder le contact avec les chercheurs, la possibilité de prendre des rendez-vous personnalisés a été mise en place, des tutoriels vidéos ont été réalisés et des alertes ont été installées : diffusion de bonnes pratiques (réalisation d’une courte vidéo pour montrer aux chercheurs comment ajouter les documents autorisés à une publication déjà enregistrée dans ProdInra ; mail automatique au moment du repérage du WOS explicitant clairement si le dépôt peut être fait dans Hal)

Alors, à l’année prochaine !

 

Le feuilleton du grand défi : les difficultés… (3/4)

L’organisation et la mise en œuvre du Grand défi de l’open access n’ont pas été une mince affaire.

Rapidement victime de son succès inattendu, il a fallu très vite s’organiser.

• Premier problème : la masse de bibliographies à traiter sur une durée réduite. Là, c’est l’outil dissem.in qui a volé au secours des équipes du Grand défi. Développé par une équipe de jeunes chercheurs, dissem.in permet de repérer en un clic les productions d’un chercheur pouvant être mise en ligne par le biais d’une archive ouverte. Parfois, son intérêt n’a été que partiel : en effet, Horizon, la base de publications de l’IRD y est considérée comme une archive ouverte et tous les documents référencés dans Horizon sont signalés comme étant en accès libre dans dissem.in. Or, c’est malheureusement loin d’être le cas…

• Deuxième écueil : l’opacité des conditions éditeurs. L’utilisation du site Sherpa Romeo pour vérifier les possibilités de mise en ligne des articles réserve bien des surprises. Au delà des embargos à rallonge informant des restrictions de diffusion d’un article en mathématique pour des durées allant jusqu’à 48 mois, qui s’attendrait à ce que certaines revues « gold open access » interdisent le dépôt des versions éditeur sur un autre site que le leur ?

• Troisième obstacle, après avoir franchi les deux autres : l’épineux labyrinthe des versions autorisées pour le dépôt en libre-accès. Les rendez-vous ont été l’occasion de décoder à l’attention des auteurs les subtiles différences entre pre-print, post-print et versions éditeurs, dont les dénominations peuvent varier d’une maison d’édition à l’autre : un « accepted manuscript » dans une revue publiée par Elsevier correspond bien à la définition de « post print ». Une fois le décor planté, l’identification des fichiers réellement autorisés pour le dépôt a pu commencer… et là, d’autres difficultés ont surgi !

Pour les participants au grand défi, chercheurs comme documentaliste, il y a eu une réelle prise de conscience du travail nécessaire pour devenir des acteurs du Libre Accès. Le revers de la médaille, c’est le découragement qui a pu en gagner certains : une fois tous les obstacles franchis, il restait la phase de dépôt dans Hal, dont les difficultés d’utilisabilité sont apparues de manière criante.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la fin de notre feuilleton sur le grand défi.

Le feuilleton du grand défi : les opportunités (2/4)

L’opération « Grand défi » a donc été un véritable succès à tous points de vue :

  • précédant l’open access week 2015, le grand défi a donné une grande visibilité à l’ensemble des événements qui étaient organisés à cette occasion. L’information a été relayée au niveau des établissements, auprès des chercheurs et de l’ensemble de la communauté universitaire par affiches, mailings, réseaux sociaux et informations officielles.
  • l’opération en elle-même a suscité de nombreux échanges avec les chercheurs qui y ont participé : en plus des rendez-vous spécifiquement consacrés aux dépôts sur Hal dans les bibliothèques universitaires et les organismes de recherche participant, l’IRD a pu improviser une dizaine d’entretiens approfondis à la demande d’auteurs motivés par le libre-accès.
  • le succès est allé bien au delà du nombre (inespéré) de dépôts : le grand défi a permis de mettre en place des collaborations pérennes avec des laboratoires souhaitant particulièrement s’impliquer dans une démarche d’open access. La participation de la communauté des chimistes au grand défi, avec l’IBMM et l’ICG, est à souligner, et ces équipes sont restées très actives pour œuvrer à une meilleure diffusion de leurs travaux de recherche.
  • enfin, l’esprit du grand défi a perduré : des services de rendez-vous personnalisés, notamment pour le dépôt de publications ont été mis en place de manière pérenne à la BIU Montpellier, l’IRD et Supagro ont poursuivi le travail d’analyse des publications de manière systématique. On vous en dira plus par la suite…

Bref, le grand défi a été un véritable élément fédérateur des équipes impliquées dans l’open access week à Montpellier, équipes qui ont pu affronter ensemble les défis qu’a posés le Grand défi au cours de sa réalisation ! Suite au prochain épisode…

Le grand défi de l’Open access : un vrai feuilleton (1/4)

A l’occasion de l’Open access week 2015 en octobre dernier, un grand défi a été lancé à l’ensemble de la communauté universitaire et de recherche de Montpellier.
Le principe pour les chercheurs : être volontaire pour faire analyser le taux « d’openaccessibilité » de ses publications en envoyant une liste à l’équipe de documentalistes du Grand défi (universités de Montpellier, IRD, Supagro), et mettre en ligne sur Hal les fichiers qui pouvaient être déposés en toute conformité avec la politique des éditeurs.

Pendant la durée de l’opération qui s’est étalée sur deux semaines, plus de 50 participations ont été enregistrées : le succès a largement été au rendez-vous. La BIU de Montpellier a pris en charge la « libération » de plus de 300 références soumises par 26 enseignants-chercheurs. A l’IRD, 14 rendez-vous avec des auteurs ont été honorés, et ont donné lieu au dépôt dans Hal de 25 publications. L’opération a d’ailleurs dû être prolongée tout le mois de novembre, comme à Supagro : les dépôts dans Hal ont continué, des PDF ont été également libérés à l’occasion dans les catalogues de publications de l’INRA (288 documents ont pu être ainsi libérés dans ProdInra) et de l’IRD (704 PDF libérés dans Horizon).

Dans le prochaine épisode : les opportunités créées par le grand défi.

Le prix des mots

Avez-vous une idée des prix payés pour le contenu des revues et bases de données auxquelles étudiants, chercheurs et enseignants-chercheurs accèdent grâce aux services mis en place par les bibliothèques ?

Il ne s’agit pas ici d’entrer dans la polémique sur le scandale de l’édition scientifique, non, mais simplement de livrer quelques chiffres bruts, concernant les abonnements payés en 2013 pour les universités montpelliéraines, afin que chacun puisse ensuite se faire son opinion :

-abonnement en ligne (UM2) à Journal of chemical physics : 8521,15 €

-abonnement en ligne (UM2) à Science : 6001,85 €

-abonnement en ligne (UM1)  au New England Journal of Medicine : 6956,25 €

-abonnement à la base de données (UM3) Art and architecture : 9566,58 €

Votre institution n’est pas encore abonnée au Tetrahedron? Le prix public est 17 657 $ (source : http://www.journalprices.com)

Les Presses universitaires de la Méditerranée et l’Open access

Les Presses universitaires de la Méditerranée (Pulm) dépendent du Conseil scientifique de l’Université Paul-Valéry Montpellier. Elles éditent sept revues et publient chaque année en moyenne trente-cinq ouvrages dans les domaines de LSHS. Dominique Triaire, professeur de littérature française et directeur des Presses Universitaires de la Méditerranée a bien voulu répondre à nos questions.

Les PULM se sont-elles engagées dans l’open access ?
Oui, en choisissant revues.org pour ses revues (consultation libre, téléchargement par bouquet ou par achat) et openedition books pour ses ouvrages (les ouvrages sont convertis en formats pour liseuse, gratuitement dans une proportion de 4/5). Revues.org et openedition books sont des services du CLEO, Unité Mixte de Service du CNRS, située à Marseille. Parallèlement, les PULM produisent leurs propres formats numériques qui seront diffusés par une entreprise privée (EBK).

Les auteurs qui publient aux pulm peuvent-ils déposer leurs productions en accès libre par ailleurs ?
La question n’a pas été tranchée puisque le droit ne répond pas clairement ; je suis partisan de respecter une barrière mobile.

Les pulm demandent-elles aux auteurs de contribuer financièrement à la publication de leurs contenus?
Oui, depuis cette année seulement (et pour un temps limité, j’espère), en raison de la baisse des ventes en 2012 et 2013.